MlpPointVirgule

Article3

Pourquoi tant de haine?



Je ne crois pas en Dieu. Je ne crois pas en la réincarnation. Je ne crois même pas que l'on puisse avoir une âme. Je pense que nous sommes une grosse boule de molécules, assemblées les unes aux autres, et que même le simple fait de tomber amoureux est un phénomène -si complexe soit-il- chimique. Mais je ne détiens pas la vérité, je n'ai pas cette prétention. J'accorde le bénéfice du doute à d'autres croyances, je peux parfaitement me tromper je le sais.


Dans ma jeunesse, certaines choses ont fait que je me suis mise à haïr la religion. En effet, pensez un peu: un homme et une femme (mes parents), non mariés, donnant naissance à deux enfants (mon frère et moi), qu'ils ne baptiseront sous aucune institution religieuse, tout ceci dans une zone rurale et surtout "bigote". "Bâtarde", était un mot courant à mon propos, que j'entendais très souvent. Et c'était la réaction la plus "sympathique" des gens intolérants à mon égard. Je suis considérée comme "non reconnue". De source sûre, on a même demandé à ma mère comment elle avait fait pour nous avoir mon frère et moi, puisqu'elle n'était pas mariée.


église Pendant un an -je devais avoir à l'époque alors 6 ou 7 ans- je suis allée à l'église de mon village, monument historique du 12ème siècle (attation! ça rigole plus!). La fille du maire, plus âgée que moi venait me chercher, et m'emmenait à la messe, tous les mardi soir. J'étais jeune à l'époque, j'y allai pour être avec ma "copine" plus âgée et surtout parce qu'à la fin, le curé me prenait dans ses bras et me faisait souffler la bougie sur l'autel. Toute petite, j'étais déjà fascinée par le feu et les bougies. Comme n'importe quel enfant d'ailleurs. Souffler le feu, un petit plaisir. Et mérité, je devais pendant une bonne heure patienter, que les autres autour de moi finissent de marmonner je ne sais quoi, de se lever et s'asseoir sans cesse. Je revois d'ailleurs les gros yeux de ma camarade parce que je ne faisais en rien ce qu'on attendait de moi. Pendant une heure, je ne comprenait pas ce qui se passait autour de moi mais je m'en fichais pas mal, ce que je voulais, moi, c'était souffler la bougie. Un vrai cas désespéré. :)

Mon père faisait la tête à chaque fois que je partais. Il n'a jamais vraiment porté le catholicisme en haute estime, tout comme son père, mon grand père. Ma mère et son père non plus d'ailleurs. La foi catholique n'est plus présente dans ma famille directe depuis mes grands-parents, en fait.
SaintBarthelemy.jpg Un jour, mon père n'a plus tenu. Un mardi, peu avant que ma camarade vienne me chercher, il m'a parlé de la Saint Barthélémy. Aujourd'hui, je sais que cette acte a été perpétué par des gens qui n'existent plus depuis fort longtemps et que ces gens, morts, ne sont pas leur descendants. Mais pensez qu'au moment où je l'ai appris, je n'avais pas même 7 ans! C'était quelque chose de si effroyable que j'avais peine à croire que celle en qui j'avais confiance puisse m'emmener célébrer un culte de cette Eglise, responsable d'une telle atrocité. Je n'y suis pas allé ce jour-ci. Ma camarade a même osé me demander à l'époque si j'étais sûre de ne pas vouloir venir. Je lui ai raconté, les larmes aux yeux, la Saint Barthélémy et que je ne viendrai plus jamais.
Ce soir là, quelque chose s'est cassé en moi. Et j'ai peu à peu commencé à ouvrir les yeux sur le monde "idyllique" qui m'entourait. J'ai commencé à détester les catholiques. Comment pouvait-on se tuer au nom de quelque chose d'incertain?! Comment pouvait-on se tuer tout court d'ailleurs? C'était absurde, insensé et incohérent. Cela ne suivait aucune règle. Enfin, c'est que je pensai dans ma tête d'enfant. irlandais.jpg Et ce n'était pas qu'une vieille affaire d'ancêtres. J'ai appris bien vite qu'en Irlande, les catholiques faisaient encore des leurs en tuant des protestants (au départ, je pensais même que la faute n'était attribuée qu'aux seuls catholiques et j'ai vite déchanté).

logoanarchie.jpg
Au cours des années, j'ai grappillé pas mal de choses sur les religions dans l'optique "Apprends à connaître ton ennemi, avant de le combattre". J'ai appris que la barbarie catholique ne se cantonnait pas à la seule Saint Barthélémy, mais qu'au nom de Dieu, du dieu catholique entre autres, des peuples entiers avaient été exterminés, tels que les cathares -mes probables ancêtres, je suis d'origine occitane par ma mère- ou encore nombre d'amérindiens. Au fil du temps, si ce n'est le bouddhisme (et encore, j'ai appris assez vite qu'ils avaient aussi du sang sur les mains), j'ai fini par ne plus accorder de crédits à la religion. Ce que je voulais, c'est qu'elle disparaisse, sous quelque forme soit-elle, de la surface de la planète. Un curé à cette époque n'avait pas intérêt à graviter autour de moi, ni même ce que j'appelle un missionnaire (quelqu'un qui va casser les pieds à d'autres pour prêcher et imposer SA bonne parole).

Tous mes amis -à l'exception d'une- avaient été baptisés. Je ne parlai jamais avec eux de cette question, je savais parfaitement comment ça allait finir. Et eux aussi. Je considérais personnellement comme une chance de ne pas être reconnue par ces institutions que je considéraient toutes comme sectes (et que je considère toujours). J'avoue ne pas avoir été un cadeau pour l'entourage ayant une religion, mais j'avoue aussi que j'en ai subi, des vertes et des pas mûres, de mon côté. Pire que mon exposition de la réalité des faits de l'Eglise à mes camarades. On ne m'ôtera pas l'idée que les claques que je recevais tout les jours au collège était dues au fait que j'étais "différente" (c'était débile, j'ai du sang humain dans mes veines, je vous jure) de ces rustres qui me frappaient. Comment je le sais? Chaque claque était accompagnée de l'insulte "bâtarde", au moins, puis en général d'un "salope" (une fille qui ne pliait pas face aux mâles était une abomination. La femme est inférieure dans la religion catholique le saviez-vous?), quand c'était tout. Les insultes à mon égard fusaient (j'ai même eu le droit à sorcière).

Ankou.gif Je pense que les religions ont été créées pour pallier à la peur de la mort. Comme me dit un ami très souvent, ainsi que mon père, "la peur n'éloigne pas le danger". Je pense que je verrai après ma mort si j'avais raison ou non. Mais, je vis, et je ne connaîtrai pas de réponse certaine tant que je suis en vie. Alors, je ne cherche pas de réponse, je préfère passer ma vie à autre chose. Quand j'étais plus jeune, je haïssais les religions et pour cause me direz-vous. Mais, si la haine dans laquelle j'étais engluée (et que je porte encore un peu au coeur) est compréhensible, elle n'est pas "excusable". La haine, pour qui que ce soit, reste de la haine. Et on a du vous le dire souvent, la haine engendre la haine. Cela, je l'ai vérifié. J'accepte maintenant que mon entourage puisse avoir une religion. Si cela peut lui apporter des réponses, le soulager, je respecte cela. Je lui accorde même le bénéfice du doute, comme je l'ai déjà dit, après tout, je peux parfaitement me tromper et pas lui. Ma meilleure amie, que j'aime énormément, a une mère qui donne des cours de catéchisme.
Je me permet cette prétention de croire que j'ai effectué un gros travail sur moi-même, que je me suis un peu plus ouverte. Mais ce même entourage connaît les limites à ne pas dépasser, il ne cherche pas à me convaincre, et je fait pareil de mon côté. C'est une loi de respect élémentaire et tant qu'elle n'est pas transgressée, alors, aucune personne croyant en autre chose que moi ne court de polémiques houleuses en ma présence. Attention, maintenant, j'arrive même à débattre, on peut me parler d'une autre croyance que la mienne sans me fâcher, du moment que l'on ne cherche pas à me persuader que j'ai tort. ;)



whiteflag.jpg Mais je n'étais pas butée uniquement que sur la religion. Je l'étais également contre les USA. Un peuple de barbares abominables selon moi. J'étais tellement butée et fermée que la réalité des choses m'étaient complètement inconnue. Je ne voyais que les côtés noirs de ce pays, et il faut dire qu'ils ne sont pas bien difficiles à voir. C'était très facile d'être contre eux.
J'étais entre le collège et le lycée et ma famille a accueilli une correspondante américaine. Elle venait de New-York, elle et ses camarades, du Bronx plus particulièrement. Elle comme ses amis étaient charmants, doués, des personnes vraiment intéressantes. Cela a déclenché une certaine ouverture chez moi, mais encore insuffisante pour que je tolère ce peuple en son entier.
logonekeme.jpgA 17 ans, j'ai intégré une adorable petite équipe, celle du jeu Arkhart, qui allait devenir plus tard Nekeme Prod.
Dans cette équipe, j'ai rencontré mon meilleur ami, actuellement à Pékin. Il est franco-américain. C'est un être lui aussi charmant, que j'admire, pour diverses raisons. Là aussi, mon intolérance s'est vue peu à peu cassée.
Et puis, elle a enfin été mise à rude épreuve lorsque je suis devenue la copine d'un sino-franco-américain. Si chez mon meilleur ami, on ne peut pas déceler le "côté américain" facilement (à part s'il vous le dit), chez mon ex-copain, cela s'entendait tout de suite! Plutôt de droite, "bannissant" les communistes, pro-USA... Son rêve, c'était aller vivre aux USA. Il avait le rêve américain par excellence, rêve que je conspuait, beaucoup pourront en témoigner.
adhesion.gif Mes grand-pères étaient communistes, mes parents sont socialistes, je viens même d'adhérer il y a peu aux Jeunes Verts (la Souris Verte). Même pour le tourisme, le dernier pays dans lequel je voulais voyager c'était les USA. Si une personne m'avait dit au collège que dans l'avenir, j'aurai aimé une personne telle que mon ex, je lui aurai ri au nez! Et pourtant, c'est arrivé. :)
On se disputait avec mon ex. C'est évident avec ce qui nous opposait. Mais c'est là que mon intolérance envers ce peuple est véritablement tombée.
Rendez-vous compte: j'étais prête, avant notre rupture, à aller vivre dans son pays d'origine, s'il partait. Là où il serait, ce serai "ma" maison. Pourquoi j'aimai quelqu'un qui possédait tant de points noirs, que je conspuait plus que tout, qui m'énervaient comme jamais? Parce qu'il était gentil. Parce qu'il était passionné et passionnant. Parce qu'il me respectait. Parce qu'il avait tant de qualités à côté que ses points noirs en devenaient dérisoires!
Nous sommes en très bons termes, encore aujourd'hui, et je suis très fière de l'avoir pour ami. Je suis fière de lui. :)


BFC.jpg Mais n'empêche. Même si je tolérai qu'un autre en face soit américain ou veuille aller vivre aux USA, alors que je pensai être "débarrassée" de ma haine, j'ai découvert qu'en fait, je ne l'étais pas vraiment. Ou plutôt, je n'excusais pas au peuple américain d'être aussi servile, aussi violent...
Il y a peu, à Noël dernier, mon professeur d'anglais, homme admirable que je salue si il lit cet article, nous a passé une cassette, "Bowling For Columbine". Moi qui pensait savoir ce qui se passait aux USA, j'ai pris une grande claque. Je ne découvrais pas uniquement l'injustice et l'absurdité atroce d'un pays, ma fierté en prenait aussi un coup. On dira ce qu'on voudra de Michael Moore, à tort ou à raison, mais son film est véritablement un bijou d'analyse. Une simple et ingénieuse exposition des faits.

minaetdrac.jpg Cela me fait penser à ce fameux roman d'épouvante de Brahm Stocker, Dracula. Vlad Dracul empala des turcs, au nom de Dieu, au nom des croisades. On se vengea de lui et sa femme se tua, pendant qu'il était parti. Il aimait sa femme par dessous tout. Quand il revint dans son pays, il découvrit l'épouvantable vérité, et l'Eglise, qu'il avait défendu au point de tuer, n'avait pas empêché cette acte, n'avait rien fait. Il l'a alors renié et est devenu Dracula. C'était à la fin du 14ème/début15ème siècle. Quelques siècles plus tard, Dracula va à Londres. Il enferme Jonathan Harker parmi des créatures démoniaques dans son château transylvannien avant de partir. Il est monstrueux bien entendu. C'est un vampire. Il est l'exact opposé des bonnes valeurs de l'époque de Brahm Stocker, celles que la bonne société cherche à cacher d'elle. A Londres, il fait tout pour retrouver Mina, fiancée d'Harker, copie conforme de sa défunte épouse. Il tuera de manière plus que bestiale sa meilleure amie Lucie, il asservira au rang "d'animal" Reinfield, un fou... Il mènera la vie dure à ses traqueurs, comptant le fameux Van Hellsing. Il séduira Mina et la ralliera à sa cause. Ce personnage a tout pour être antipathique, quand on voit ses crimes et le monstre qu'il est. Et pourtant. En toute honnêteté, que celui qui en lisant le livre n'a pas été une seule fois prêt à aider Dracula, si il avait été un personnage du roman, m'adresse un mail immédiatement!
Dracula n'a pas seulement été interdit pour "raisons pornographiques", mais bien parce que ce personnage représentait alors tous les côtés que la morale chrétienne réprouvait, comme la luxure, le meurtre...
Ce vampire pourrait être Satan, et pourtant -ce n'est pas faute d'avoir essayé-, je n'arrive pas à être contre lui. Ce personnage est sans entraves, il ne renie pas ce qu'il est, il est "libre" quelque part. Quelqu'un de ce style ne peut que fasciner, surtout les gens qui vivent avec entraves et limites, tels que les humains. Un humain veut toujours ce qu'il n'a pas. Dracula l'a. Le fait que l'oeuvre fut interdite est aussi du à ce que le vampire est devenu ce monstre à cause de l'Eglise, ce qui est le dernier message que les chrétiens veulent entendre!


target.jpg Le rapport avec le peuple américain me direz-vous? Malgré la folie qui semble incrustée chez eux, après avoir vu le film de Mickael Moore, je n'arrive plus à en vouloir totalement au peuple. Enfin disons plutôt que ma "cible" a changé vers les médias américains et surtout, son gouvernement. Le peuple est son otage à part entière. Oui, les criminels américains sont responsables de leurs actes, je ne leur enlèverai pas ça. Mais ils ne sont pas nés criminels, ils le sont devenus. Et les autres n'ont connu que la peur. Moi qui disait toujours "à leur place, je réagirai", je me suis aperçue que ce n'était pas aussi simple et qu'à leur place, je serai probablement devenue l'un de ces "cons trop peureux pour s'opposer". Si j'avais comme eux été élevée dans la crainte, subie une telle manipulation, je n'aurai pas envie de "réagir" comme on dit. C'est la paranoïa qui aurai pris le dessus sur moi.




francmacon.gif Voilà, pour ceux qui m'ont lu jusqu'ici malgré mon style déplorable (mais qui reste compréhensible je l'espère), vous vous demandez probablement pourquoi je vous raconte ma vie?
Eh bien ce soir, j'ai reçu un mail provenant d'un site qui envoie une "chaîne", semble-t-il. Un mail qui m'a enragé tout d'abord, mais ma curiosité a pris le dessus ensuite. J'ai ce trait très énervant, je m'emballe, je m'emballe, et je réfléchi ensuite. J'essaie de changer et j'ai fait des progrès, avant je réfléchissais pas! :)
Ce mail provient d'un certain Paul de Maison Neuve. Ce qui m'a enragé, c'est que cette personne, adepte de la théorie du complot, a envoyé un mail qui s'attaque, devinez à qui? Les francs-maçons. Ca, les satanistes ou les juifs, vous aviez une chance sur trois de tomber juste. Je me suis d'ailleurs demandé quel journal (avant de savoir que c'était ce fameux Paul) avait publié ça car je ne sais pas si vous avez remarqué mais à chaque baisse des ventes de certains magazines, ceux-ci publient invariablement un dossier choc/révélation sur un complot dont les acteurs sont, à l'instar d'un Cary Grant récurent chez Hitchock, les francs-maçons, les juifs ou les satanistes ou l'ordre du templier. Je vous engage à y prêter attention, vous verrez, c'est très "amusant" à observer!

Seulement, la vérité, c'est que ça ne m'a pas amusé. J'étais déjà tombé sur ce site, en faisant de plus amples recherches sur les francs-maçons justement, que je savais non dangereux. Miterrand était aparement un franc-maçon et même si il a fait des bêtises dans sa vie (qui n'en fait pas des grosses parfois), c'était un grand homme et je défend quiconque de spolier sa mémoire. C'est quand même grâce à lui que la peine de mort à été abolie en France, et ne reconnaître que ce qu'il a fait de mauvais n'est vraiment pas juste car il fait beaucoup de choses très "cool" à côté. C'est sous sa férule et créée par un de ses plus fidèles partisans et ami, Jack Lang, qu'est née la fête de la musique.
Je n'irai pas jusqu'à dire que la franc-maçonnerie est la "religion" ou plutôt le "dogme" qui crève tout de la mort qui tue qu'il vous faut (comme diraient les djeun's), elle a un "petit côté" élitiste et imbue d'elle même (qui a dit comme Mens...:)?) qui ne me plait guère. Mais elle ne veut embêter personne avec ses théories (qui sont pour le moins très humanistes), on choisit d'être franc-maçon et ce n'est d'ailleurs pas "facile" d'y entrer, contrairement à beaucoup d'institutions dites comme elle "sectes". On n'y baptise pas ses enfants et on peut en partir si on le souhaite. Il y a des réunions qui se tiennent où contrairement à la croyance populaire, on ne vénère ni diable ni dieu. Certes, on ne dit pas être franc-maçon. Pas parce qu'on y fait des choses inavouables, mais bien parce que les gens sont manipulables et que d'autre gens, tels que Paul, leur font croire que ces gens sont sataniques.
satan.jpg La mère d'un de mes amis est franc-maçonne. Mon ami, n'a rien mais alors RIEN de sataniste, ni plus que sa mère dont il me parle souvent et qui est sûrement une brave femme, pour que mon ami soit ainsi charmant.


J'évoquai tout à l'heure les cathares. Le mot "cathares" a des origines étymologiques controversées, mais une de celle les plus probables et qu'au 18ème siècle, un historien définissa les albigeois sous deux vieux mots francs proche de "cathare" signifiant "adorateurs du chat" c'est-à-dire du diable. Nombreux sont ceux, manipulés par L'Eglise catholique et son pape sanguinaire (un des auteurs des croisades) à avoir cru que les cathares vénéraient le Diable et sa venue sur Terre provoquant l'apocalypse. Et nombreux sont encore ceux, ignorants de l'Histoire et faibles, influençables aux idées reçues, qui associent toujours cathares à "barbares" ou adorateurs du diable.
albi.jpg A l'époque des cathares, l'Eglise s'enrichissait énormément, vivait dans un luxe écoeurant. Les cathares ont alors décidé de se séparer de cette Eglise, devenue trop corrompue, et de se rapprocher plus du message pacifique de la Bible et du Christ. Ils suivaient notement les préceptes de Saint Jean (d'où le rapport avec l'apocalypse d'ailleurs, Saint Jean étant celui qui annonçait entre autre l'apocalypse, pour pouvoir l'éviter bien entendu). Ils étaient non violents, c'est à dire que les croyants/pratiquants ne pouvaient faire de mal que pour se défendre. Le cadre religieux (qui n'était pas très complexe, la hiérarchie religieuse étant également quasiment supprimée, rendue plus "égale") était végétalien, et n'avait pas le droit de tuer/blesser, même pour se défendre. Ils vivaient en petites communautés (pour les prêtres, pas pour les simples croyants) généralement autarciques, et accueillait souvent des malades, de quelque religion soit-ils.
Mais ils avaient un défaut: Ils s'opposaient ainsi au pape, en ne reconnaissant plus son autorité. Ils ne reconnaissaient que celle de dieu, son fils, ses messages. Et ça, ça leur a été fatal. Désignés dès lors comme hérétiques, adorateurs du Diable, ils ont été persécutés, jusqu'au dernier, par les croisés. Je ne sais pas trop qui est à blâmer: l'ancêtre meurtrier ou un descendant fier de son ancêtre et donc un peu "complice" (d'une certaine manière). Je ne dois pas être normale, moi, je renierai un ancêtre pareil...
A se méfier donc des croyances populaires et des gens qui en sont à l'origine. J'ai tellement appris d'exemples de ce genre. Ils sont pratiquement monnaie courante.

poulenoire.jpeg Mais maintenant, je me prend à réfléchir -comme je le disais tout à l'heure- sur ce Paul en lui-même. Pense-t-il vraiment ce qu'il dit? Que cherche-t-il à faire, en "ajoutant de l'huile sur le feu", en envoyant une "lettre de chaîne" et faire tomber les derniers crédules qui ne croiraient pas encore que les francs-maçons doivent sûrement sacrifier des poules noires et s'auto-flageller au nom d'un Satan croqueur de marmots, vénéré des chats noirs et engendreur de leurs maîtresses, putains rouquines épileptiques n'ayant en tête que l'ensorcellement démoniaque des braves gens pendant que les chères petites têtes blondes de ces derniers dorment bien profondément?
Oui, il y a des gens qui y croient, je vous jure. C'est sûrement une des raisons pour lesquelles les francs-maçons restent discrets d'ailleurs. Ce n'est pas comparable me direz-vous, mais auriez-vous dit, si vous aviez été cathare que vous l'étiez? Auriez-vous dit que vous étiez protestant à l'époque des persécutions des protestants? Auriez-vous dit comme ça que vous étiez juif, en France, pendant la seconde guerre mondiale?
Un franc-maçon qui dit aujourd'hui à tout va qu'il est franc-maçon (à l'instar d'un homosexuel par exemple il y a encore quelque années) peut être sûr qu'il sera "rejeté" par la société, à cause de ce que font courir comme rumeur des gens comme paul. Il peut être sûr que son image sera ternie -et pas vraiment à raison-, et que s'il veut parvenir à quelque chose, il devra se battre comme un dingue. Il peut même être pratiquement sûr qu'il n'atteindra pas une place importante dans une société qui ne voudra pas de lui, car elle le diabolise.


Un cas de figure s'envisage où , Paul croit vraiment ce qu'il dit. Et là, ma curiosité naturelle prend le dessus. Comment a-t-il été amené à croire ce genre de choses et surtout à faire passer le message ensuite? Qu'est-ce qui la rendu comme ça? N'existe-il pas de solutions pour qu'il ouvre les yeux? Qu'il reconnaisse son tort, son peu d'ouverture, son intolérance? Qu'il est devenu un vecteur de cette haine et cette intolérance? Il n'est donc pas curieux d'en savoir un peu plus sur ceux qu'il dénigre allégrement, sans raisons? Pourquoi n'est-il pas curieux? La haine est facile à éprouver, elle nous conforte dans nos idées, parfois absurdes et blessantes. Quand je l'éprouve, j'en souffre. Pourquoi ne cherche-t-il pas à en sortir? Se plaît-il vraiment dans cette haine? Se sent-il vraiment bien? Puissant? Pourquoi est-il si lâche?
Pourquoi est-il ce qu'il est? Qui a pu faire qu'il est aussi intolérant? Et pourquoi n'a-t-il rien fait? Personne ne lui a jamais dit?


Un dernière chose, Monsieur Paul. Mon message ne changera peut-être rien à votre ignorance, à votre intolérance, bien que j'espère le contraire. Je ne m'érige pas en prophétesse de la bonne parole, n'ayant pas celle-ci. Je ne vénère rien. J'ai à mon actif tout un lot de conneries plus ou moins énormes. Et j'ai même des fois du mal à les assumer. Moi aussi, je suis lâche parfois, je cède à la facilité, je cède à la haine et à l'énervement, ce papier en est un exemple. Et je ne suis pas à l'abri de commettre des erreurs plus tard, je ne suis pas vieille. Mais, je tente quand même de réfléchir un peu à mes actes. Et ce que je sais, c'est que j'ai souffert sans raison de l'intolérance injustifiée de certain, qu'il me reste même encore des cicatrices et qu'il m'en restera toujours, car parfois mes plaies sont ré ouvertes. Je me conforte à croire que vous avez vécu des expériences pas similaires mais pratiquement. Que vous êtes tombé sur une bande de cons faisant honte à leur communauté, comme il y en a partout ailleurs. Et pour être tombée dans le panneau de la haine envers des gens qui ne me toléraient pas et me le faisaient bien savoir, je sais ce qu'on le ressent. Je devenait intolérante, pas mieux que ceux qui avaient créée cette haine -en admettant qu'ils soient vraiment l'origine et non leur éducation...
Je sais ce que procure comme sentiment la vengeance ou la volonté de se venger. Mais je suis quelqu'un qui, malgré ses vilains défauts, n'est pas bien "méchant" au fond. J'ai été élevée par des parents pas toujours baba cool mais justes et aimants. Etre méchante ne me ressemble pas. Quand l'on tombe dans un tourbillon, il faut pouvoir donner un bon coup de pied de côté, si l'on veut s'en sortir. La haine est plus qu'un cercle vicieux, c'est un vrai tourbillon. En sortir demande de l'entraînement, un effort considérable, que je ne parviens pas toujours à fournir. Mais je finis par en sortir, toujours, même si c'est parfois un peu tard. Si quelqu'un d'assez craintif et peu courageux que moi peut y arriver, je garde espoir pour vous.
biggrin.gif